L’Originals ne permet pas l’Impossible

Posted on

Le format intégral de Polaroid permettait, quasiment depuis sa création, grand nombre de manipulations afin de modifier l’image et de transcender son support.

Le coté créatif peut déjà s’exprimer sur support de base, en découpant le cadre, ou en y ajoutant des choses (peinture, collage, couture, etc). D’autres encore aiment tenter la ‘peinture expérimentale‘ sur un Polaroid non exposé, ou au contraire aiment la manipulation de l’image exposée. Mais les expérimentations les plus courantes restent le transfert d’émulsion et la transparence.

Hélas, depuis l’arrivée de la nouvelle formule chimique, depuis le passage de Impossible Project à Polaroid Originals, ces deux manipulations sont devenues véritablement plus difficiles…

Transparence : La chimie s’enlève beaucoup moins facilement, même avec un pinceau adapté et un sèche cheveux…

L’effet de transparence : C’est un effet normalement simple à obtenir. Sur un pola récent (moins de 24h de préférence), on découpe le cadre, on sépare le négatif du reste, et à l’aide d’un pinceau et d’un sèche cheveux, on travaille la partie blanche (la chimie) afin qu’il ne reste que le plastique transparent et l’image positive. On peut ensuite placer le résultat sur un fond original (canson, kraft, carton, etc).

Problèmes rencontrés : La chimie ne s’enlève plus du tout aussi facilement qu’avant… Après 45min de travail acharné, et plusieurs petites déchirures dans l’émulsion, j’ai abandonné l’idée de finir avec une image parfaitement transparente, et j’ai donc humidifié le dos de afin de coller l’image sur une surface cartonnée (avec laquelle j’ai eu déjà de bons résultats). En moins de 2h tout était sec, mais ça c’était décollé (d’où les traces de carton en haut de l’image) et j’ai donc fait une seconde tentative sur une surface plus absorbante, du Canson en couleur, et là ça a tenu. Un résultat bien décevant en comparaison de ce qu’on obtenait avec les chimies de l’époque d’Impossible

Je n’ai pas encore trouvé de solution miracle, mais il est possible qu’avec une chimie plus sèche et un pinceau plus dur on puisse rendre l’image plus facilement transparente… À tester…

Edit : Au début du mois d’aout, Polaroid Originals a publié un nouveau tutoriel indiquant comment procéder pour obtenir cet effet de transparence. Ils précisent maintenant que ce n’est possible qu’avec du film Noir et Blanc, et dans leur vidéo cela semble fonctionner à merveille :

L’émulsion s’est littéralement délitée, déchirée en plusieurs parties, certaines irrécupérables amalgamées à une pellicule étrange, mais grâce à un travail acharné, il reste quand même quelque chose à montrer… L’image principale ici est constituée de 4 morceaux d’émulsion débarrassés de toute chimie et de toute pellicule parasite. Il m’aura fallu près de 45min pour arriver à assembler un tel puzzle…

Transfert d’émulsion : Là encore, c’est une des manipulations les plus courantes et les plus simples. On découpe le cadre, on sépare le négatif, et on plonge la partie plastique (avec l’image et la chime) dans de l’eau chaude. Au bout d’un moment, l’image se décolle du plastique et s’étend. On prend alors soin d’enlever au pinceau un maximum de la pellicule blanche (la chimie) afin d’avoir l’image la plus transparente possible. On glisse ensuite un support dans l’eau (papier pour aquarelle, verre, plastique, métal, bois, etc) et, toujours à l’aide de notre fidèle pinceau, on applique et on étale l’émulsion sur le support. On le retire ensuite de l’eau, on laisse sécher, et le transfert est accompli !

Problèmes rencontrés : Comme précédemment, la chimie ne s’enlève plus du tout aussi facilement qu’avant… Il est plus que difficile d’arriver à tout enlever sans déchirer l’émulsion… Bien entendu, si avoir des traces de chimie ne vous dérange pas, alors le transfert est presque aussi simple qu’avant. Personnellement, une des choses que j’aime dans ce procédé, c’est justement d’obtenir cette transparence, de pouvoir deviner le nouveau support au travers ou, dans le cas du plastique et du verre, d’avoir le résultat le plus transparent possible pour que ce soit homogène, de ne pas avoir des pâtés blancs un peu partout entre l’image et le support… Bon, que la chimie soit difficile à enlever, c’est une chose, mais à force de patience et de douceur, on y arrive ! Malgré tout, l’émulsion parait quand même bien plus fragile qu’avant… Donc attention !!! Mais il y a peut être une raison à ça… On remarquera en effet qu’au bout d’un moment l’émulsion se divise en plusieurs couches !!! Sur du 600 Couleur j’ai découvert une pellicules rosée et blanchâtre qui s’est détachée de l’émulsion ! Sur du SX-70 B&W c’est une pellicule noire et blanche (apparemment un filtre ND fluide) qui s’en est détachée… Et ces pellicules supplémentaires ajoutent encore à la difficulté d’obtenir un transfert parfait avec une émulsion bien transparente, et expliquent en partie la soudaine fragilité de l’émulsion…

On se retrouve donc avec deux solutions évidentes : On fait un transfert sans se casser la tête, en laissant de la chimie, en ne s’occupant pas des pellicules qui voudraient se détacher de l’émulsion, et ça fonctionne très bien ! Ou alors, c’est un véritable marathon et un travail d’orfèvre qui vous attends… C’est long, pénible, fastidieux, mais c’est possible, et je trouve qu’en terme de rendu c’est vraiment mieux et ça en vaut vraiment la peine. Et en cas de déchirures, ne pas hésiter à tenter d’obtenir malgré tout un résultat !

Vous pouvez retrouver ces images dans la galerie Experiences

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *